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Téléconsultation : Axomove vous explique tout !

Posté par Axomove le 4 févr. 2019 17:03:29

La téléconsultation, kézako ? 

Le 7 septembre 2001, le monde a pu découvrir le tout premier acte médical à distance de l’histoire : un chirurgien opère alors une patiente hospitalisée au CHU de Strasbourg depuis New-York. Considérée comme une révolution médicale il y a maintenant 18 ans, la télémédecine n’est aujourd’hui plus une fiction même si ce n’est pas toujours aussi spectaculaire que la télé-chirurgie...  

Vous aurez certainement remarqué que l’on parle en effet depuis plusieurs semaines d’une démocratisation de la téléconsultation. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

La téléconsultation, c’est l’art de réaliser une consultation… à distance ! Via un smartphone, une tablette, un site internet ou encore une application.

La téléconsultation est une branche de la télésanté qui elle, regroupe l’ensemble des pratiques de médecine à distance : téléconsultation, téléexpertise, télésurveillance médicale, téléassistance médicale….

Par exemple, il ne faut pas confondre téléconsultation et téléexpertise. Voici comment le site ameli.fr définit ce dernier terme :

“La téléexpertise est une pratique qui consiste pour un médecin à solliciter d’un autre médecin son expertise en raison de sa formation ou de sa compétence particulière. Cette nouvelle pratique devrait améliorer encore la qualité de la prise en charge des patients et permettre également aux professionnels de gagner du temps et ainsi de libérer un temps médical.”

La téléconsultation est-elle remboursée par la sécurité sociale ? 

Mais pourquoi une telle effervescence autour de ce sujet en France ? Et bien, après plusieurs années de réflexions et d'expérimentations, depuis le 15 septembre 2018, la téléconsultation est devenue un acte pris en charge par l’assurance maladie, au même titre que les consultations classiques. Dans un pays comme la Suède cela fait déjà plusieurs années que la téléconsultation est devenue une habitude bien ancrée chez les professionnels de santé et leurs patients (en effet, 6% des consultations y sont déjà réalisées à distance).

Mais bien entendu, ces consultations d’un nouveau genre s’inscrivent dans le respect du parcours de soin, c’est à dire le recours à son médecin traitant, ou alors le patient est orienté par ce dernier vers le médecin téléconsultant. De plus, la téléconsultation n’est remboursée par l’assurance maladie qu’à la condition que le patient ait rencontré physiquement le médecin téléconsultant au cours des 12 derniers mois.

Bon… et concrètement, elle se passe comment, cette “téléconsultation”?

Prenons pour exemple Doctolib, qui a récemment lancé sa propre plateforme de téléconsultation. Voici comment Julien Meraud, son directeur stratégique, décrit le parcours que devront suivre les patients et les praticiens sur la plateforme :

  • Etape 1 : Une prise de rendez-vous sur le site, comme pour une consultation classique (sur un créneau dédié aux téléconsultations, défini par le praticien).
  • Etape 2 : Le patient accède à un espace de vidéo sécurisé à l’heure du rendez-vous.
  • Etape 3 : Le médecin reçoit une notification lui indiquant que son patient se trouve dans la salle d’attente… virtuelle, bien sûr !
  • Etape 4 : Le médecin se connecte en vidéo avec son patient.
  • Etape 5 : La téléconsultation peut commencer.

Il existe bien entendu d’autres plateformes de téléconsultation comme Qare, Livi, Hellocare pour les particuliers ou encore Medaviz pour les entreprises. Les mutuelles se sont également lancées dans l’aventure de la télésanté avec Axa par exemple qui avait ouvert la voie en 2015, et plus récemment la mutuelle Santéclair ou encore le groupe VYV.  

Mais avant toute chose, décryptons ensemble les arguments POUR et CONTRE la téléconsultation...

Pourquoi c'est bien ? 

A date, les patients ont un avis plutôt partagé sur le sujet puisque 52% des personnes interrogées lors d’un sondage, réalisé par Harris Interactive au mois de janvier 2019, sont pour et 47% sont contre. Concernant les praticiens, seuls 30 à 40% d’entre eux se montrent à priori favorables à la pratique de la téléconsultation.

Voici les principaux cas pour lesquels la téléconsultation est plébiscitée :
  • Demander un simple conseil médical
  • Renouveler une ordonnance
  • Si le patient est en déplacement professionnel ou en voyage
  • En cas d’absence ou d’indisponibilité de son médecin traitant
  • Pour des maladies bénignes (rhume, mal de gorge…)
  • Demander un certificat médical
  • Pour une consultation en urgence

Voici justement l’explication d’un médecin, invité de l’émission “Vie numérique” sur RMC le 19 janvier dernier, sur les téléconsultations d’urgence :

“Le bébé a 3 mois, le bébé a 39 de fièvre, il est 2h du matin. Dans ce cas, la téléconsultation est possible. Imaginons... nous sommes dans une situation délicate parce que si vous allez aux urgences, le bébé sera vu à 8h du matin… Mais là, en téléconsultation on dira “écoutez, vous mettez l’enfant dans un bain à 2° en dessous de sa température, vous pouvez aller dans une pharmacie et on vous envoie une ordonnance pour de l’efferalgan dosé au kilo près pour l’enfant et là, vous dégorgez considérablement les urgences. Il y aura des centaines et des centaines de consultations d’urgence la nuit en moins et donc un confort remarquable. Et après, à 9h du matin, les parents amènent l’enfant en pédiatrie où il sera vu dans le confort, avec une température à 38 et non plus à 40.”

 

Pourquoi serions-nous contre ? 

Voici les arguments contre la téléconsultation qu'ont avancés les patients interrogés :

  • L’impossibilité de se faire ausculter directement par le médecin
  • Le besoin pour le patient d’avoir un contact direct (argument qui touche en particulier les 65 ans et plus)
  • Le sentiment d’être moins bien pris en charge
  • Les contraintes techniques (la téléconsultation nécessite une bonne connexion internet par exemple)
  • Quand l’interaction et le côté social est nécessaire dans la prise de décision médicale (pour les psychiatres par exemple)

Comme évoqué plus haut, le recours à la téléconsultation sera un moyen efficace pour désengorger de manière importante les urgences des hôpitaux, mais aussi les salles d’attente des médecins généralistes et des médecins spécialistes. On peut ainsi s'attendre à une prise en charge plus confortable, autant pour les patients que pour les praticiens. Cependant, la téléconsultation devra être utilisée avec parcimonie, tant par les professionnels de santé que par les patients. On peut imaginer par exemple qu’un patient puisse sous estimer sa maladie, il sera alors du ressort du praticien de savoir dire à son patient qu’il souhaite le rencontrer en présentiel si son état de santé le nécessite.

Comme tout nouvel outil, la téléconsultation devra fixer les limites de son utilisation.

 

Et les professions paramédicales dans tout ça ?

 

Pour le moment, les téléconsultations par des auxiliaires médicaux (masseurs-kinésithérapeutes, infirmiers, orthophonistes, diététiciens…), bien qu’elles soient autorisées, ne sont pas remboursées par l’assurance maladie. De plus, on ne parlerait pas dans ce cas de télémédecine mais de télésoin.

En effet, selon l’article 13 de l’avant projet de loi d’organisation et de transformation du système de santé porté par Agnès Buzyn, on peut définir le télésoin comme ceci  :


“Le télésoin est la pratique de soins à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication qui met en rapport un patient avec un ou plusieurs pharmaciens ou auxiliaires médicaux.”

 

Comme pour les téléconsultations (avec un médecin généraliste ou un médecin spécialiste), le télésoin sera remboursé à la condition que le thérapeute ait rencontré le patient au moins une fois.


“Cette prise en charge est subordonnée à la réalisation préalable en présence du patient d’un premier soin par un auxiliaire médical de la même profession que celle du professionnel assurant le télésoin.”

 

Cet article remet également en question les dispositions tarifaires concernant les téléconsultations par des auxiliaires de santé. Cet avant projet de loi concernant les téléconsultations réalisées par des professionnels paramédicaux propose qu’elles soient remboursées par l’assurance maladie au même titre que les téléconsultations de médecine générale, de dermatologie ou encore de psychiatrie.


“Les actes de télésoin remboursés par l’assurance maladie sont effectués par vidéotransmission et mettent en relation un auxiliaire médical et un patient.”

 

Cet avant projet devrait être présenté en conseil des ministres le 13 février 2019, puis discuté au Parlement au cours du 1er semestre 2019. La situation est donc en cours de changement et les professionnels paramédicaux seront fixés très rapidement sur l'avancement du projet de loi. 

Pascale Mathieu, Présidente du conseil national de l’Ordre des Kinésithérapeutes, a d’ailleurs déclaré sur Twitter au sujet du télésoin le 17 janvier dernier :


Mais elle n’est pas la seule représentante des professions paramédicales à s’exprimer sur le sujet. Nathalie Depoire, Présidente de la Coordination Nationale Infirmière a récemment rédigé une lettre ouverte adressée au Président de la république, à la ministre des solidarités et de la santé et à l’ensemble des députés et sénateurs, dans laquelle elle s’interroge sur les raisons du non remboursement des téléconsultations réalisées par des professionnels paramédicaux :  “La télémédecine doit-elle être réservée aux médecins ?

L'équipe Axomove

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