Vous n'êtes pas votre imagerie !

“Vous avez mal au dos, c’est normal votre IRM montre une hernie discale, il n'y a pas grand chose à faire à part l’opération!” ou “Votre genou vous fait souffrir, l’échographie montre une lésion du ménisque, vu votre métier c’est le risque!”.

Nous avons tous déjà entendu ce genre de phrase assez décourageante et fataliste. Mais sachez que les signes que l’on peut voir en imagerie ne sont pas forcément des facteurs prédictifs de douleur. Vous pouvez très bien avoir une tendinopathie (appelé souvent à tort tendinite) ou de l’arthrose sans présenter la moindre douleur. Ou bien avoir une hernie discale et continuer de pratiquer votre activité favorite.

L’imagerie: une aide au diagnostic


Les progrès en matière d’imagerie médicale ont été fulgurants offrant un large choix d’examens. Il est désormais possible d’explorer notre corps dans les moindres détails afin de diagnostiquer telle ou telle pathologie. Il est évident que ces imageries sont une aide précieuse au diagnostic mais attention à ne pas s’arrêter à cela. Ce n’est pas parce qu’une lésion est visible à l’imagerie que celle-ci sera responsable de douleur ou d’incapacité chez l’individu. En effet de nombreuses lésions visibles à l’imagerie sont totalement asymptomatiques. [1]

Le saviez-vous ?
- 50% des gens de 30 ans et même 80% des gens de 50 ans ont une “discopathie dégénérative” (un problème de disque intervertébral)

- À 40 ans, un tiers des gens ont une hernie discale sans symptômes !

- Pour les genoux : après 40 ans, ⅓ des personnes sans douleur de genoux ont des lésions méniscales et 70% ont de l’arthrose de genou

- Pour l’épaule, 65% des personnes qui ont un problème de coiffe des rotateurs (tendon de l’épaule) ne le sentent pas

- Plus de 90% des arthrose de hanche ne sont pas douloureuse [2]

L’imagerie doit donc toujours être remise dans son contexte et doit rester une aide au diagnostic et non pas être un facteur prédictif de douleur et/ou d’incapacité. De plus il a été démontré que les examens ainsi que la manière dont les résultats seront formulés pouvaient avoir un effet nocebo (l'effet inverse d’un placebo) chez les patients et donc accentuer leur douleur. [3-4]

Retenez donc que ce n’est pas parce que votre imagerie n’évolue pas positivement que votre état de santé ne peut pas s’améliorer. [5]

Sources :

[1]https://journals.lww.com/spinejournal/Abstract/2016/09010/Is_There_an_Association_Between_

Pain_and_Magnetic.15.aspx

[2] http://halimi-anthony-masseur-kinesitherapeute.fr/douleur-ne-se-resume-a-simple-imagerie/

[3]https://www.lepoint.fr/sante/kine/demorand-faut-il-avoir-confiance-dans-les-imageries-medicales-25-03-2019-2303572_2467.php#

[4] Revue physio network numéro 21 Juillet 2021

[5] https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0188057

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25430861/


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