Semaine européenne du handicap : l'importance de l'activité physique

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Le 15 novembre a démarré la 25ème semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH). Cet événement est l’occasion de continuer à faire changer les regards pour permettre aux personnes en situation de handicap d’accéder à l’emploi. Mais pas seulement; c’est aussi l’occasion d’aborder la question de l’accès à l’activité physique des personnes handicapées.

Encore trop d’inégalités d’accès à la pratique d'activité physique

Un accès qui, malheureusement, est encore trop inégalitaire entre les différents pays surtout lorsque l’on sait qu’environ 1,5 milliard de personnes dans le monde vivent avec une déficience physique, mentale, sensorielle ou intellectuelle et que 80% de ces personnes se trouvent dans des pays à moyen et faible revenu où l’accès est fortement limité [1]. Ces inégalités sont confirmées par des plans d’actions rédigés par des organismes mondialement reconnus (plan d’action mondial sur l’activité physique 2018-2030, le plan d’action de Kazan et le plan d’action des Nations Unies sur le sport au service du développement et de la paix). [2,3,4]

Tout autant que l'accès, les travaux de recherche en matière d'activité physique pour les personnes handicapées sont aussi pointés du doigt. En effet, c’est un domaine largement sous étudié qui se situe encore très loin derrière la recherche sur l’activité physique de la population en générale.

Les bienfaits de l’activité physique pour les personnes en situations de handicap

Les comportements sédentaires importants ont des impacts négatifs pour la santé : comme une augmentation de la mortalité toutes causes confondues, une augmentation de l’incidence des maladies cardiovasculaires, de cancer et de diabète de type 2.

A contrario, l’activité physique permet d’améliorer les fonctions cardio respiratoires, la force musculaire, les capacités fonctionnelles et psychosociales chez les personnes en situations de handicap. Des études ont par ailleurs montré que l’activité physique permettait d’améliorer la fonction physique, la cognition et la qualité de vie chez des personnes souffrant de sclérose en plaques, de lésion au niveau de la moelle épinière, de la maladie de Parkinson, d’AVC et de schizophrénie. [5]

Bon à savoir :  Il n'y a pas de risques majeurs pour les adultes vivant avec un handicap de pratiquer une activité physique. Celle-ci doit être appropriée au niveau d'activité actuel, à l’état de santé et à la fonction physique. En cas de doute, en bilan préalable à la pratique d’activité physique peut -être demandé à votre médecin généraliste. De plus, un accompagnement à la mise en place d’une activité physique adaptée peut être mis en place avec un kinésithérapeute ou un enseignant en activité physique adapté (EAPA). 

Les dernières recommandations en matière d’activité physique pour les personnes en situation de handicap

Les personnes vivant avec un handicap sont deux fois plus susceptibles d'être physiquement inactives que les personnes sans handicap [5]. L’OMS a mis à jour ses directives sur l’activité physique et préconise que tous les adultes vivant avec un handicap devraient pratiquer une activité physique régulière. [6]

- Les adultes vivant avec un handicap doivent faire au moins 150 à 300 minutes (soit 2h30 à 5h) d'activité physique aérobie d'intensité modérée, ou faire au moins 75 à 150 minutes (soit 1h25 à 2h30) d'activité physique aérobie d'intensité vigoureuse, ou une combinaison équivalente d'activité d'intensité modérée et vigoureuse tout au long la semaine pour des bienfaits pour la santé.

Pour les activités à intensité modérée, les choix sont multiples : le vélo, le yoga, la marche, la danse, les travaux ménagés comme passer l'aspirateur ou encore le jardinage et le bricolage.

Bon à savoir: Comment reconnaître une intensité modérée d’activité physique? Lors de cette activité, vous ressentez un essoufflement léger. Il vous est toujours possible de parler mais pas de chanter. Vous transpirez légèrement.

Pour les activités à intensité vigoureuse, on retrouve : la marche nordique, la course à pied, la natation, les sports collectifs (hand ou basket fauteuil par exemple) ou le rameur...[7]

Bon à savoir: Comment reconnaître une intensité vigoureuse ? Lors de cette activité, votre niveau d’essoufflement est important. Parler est difficile et votre transpiration est importante.

Ces durées sont données à titre indicatif. Pour les personnes en situation de handicap qui le souhaiteraient, il est tout à fait possible d’augmenter la durée de l’activité physique aérobie (au-delà des 150 ou 300 minutes recommandées par semaine).

- Les adultes vivant avec un handicap devraient également pratiquer des activités de renforcement musculaire d'intensité modérée ou supérieure qui impliquent les principaux groupes musculaires (bras, jambes et tronc) 2 jours ou plus par semaine, car elles offrent des avantages supplémentaires pour la santé.

Mieux vaut un peu que pas du tout

Pour diverses raisons: fonctionnelles, environnementales, familiales, économiques… L’accès à l’activité physique pour les personnes en situations de handicap n’est pas toujours aisé. Les recommandations de l’OMS peuvent parfois faire peur et certaines personnes peuvent se sentir découragées à l’idée de ne pas les atteindre et préfèrent donc ne rien faire. Mais cela n’est pas une solution.

Il faut garder à l’esprit que pratiquer une activité physique est toujours mieux que de ne rien faire et que cela sera toujours bénéfique pour la santé. Pour les personnes sédentaires,  il est préférable de commencer par faire de petites quantités d’activité physique puis augmenter petit à petit la fréquence, l’intensité et la durée au fil du temps. Demander conseil à un professionnel de santé pour déterminer le type d’activité physique à réaliser en fonction de votre situation peut être une véritable aide.

SOURCES

[1] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)01164-8/fulltext

[2] https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/327168/9789242514186-fre.pdf

[3] https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000252725

[4] https://sdgs.un.org/2030agenda

[5] https://journals.humankinetics.com/view/journals/jpah/18/1/article-p86.xml

[6] https://bjsm.bmj.com/content/54/24/1451

[7] https://www.anses.fr/fr/content/infographie-activit%C3%A9s-physiques-adultes

https://www.un.org/development/desa/disabilities/convention-on-the-rights-of-persons-with-disabilities.html

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