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APA, comment l'intégrer dans le parcours de soin ?

Rédigé par Clarisse Montaux | 8 mars 2023 15:48:33

L’activité physique fait clairement partie des déterminants d’une bonne santé physique et mentale. Pourtant, de nombreux Français et Françaises sont en-dessous du nouveau de pratique recommandé.

Et c’est d’autant plus le cas chez les personnes qui fréquentent les établissements de santé. Porteurs de maladie chronique ou d’épisode aiguë alternant leur capacité de mouvement, leur niveau d’activité peut être considérable réduit !

Il existe pourtant aujourd’hui une grande diversités d’outils et de programmes pour faciliter l’activité physique adaptée dans le parcours de soin, notamment en permettant de créer des routines.

D’où l’intérêt de se préoccuper de ce sujet ! 

 


Un constat : une activité physique insuffisante

En 2020, une enquête menée par Santé Publique France a révélé que seulement 47% des adultes en France pratiquent une activité physique suffisante pour bénéficier d'un effet bénéfique sur leur santé. Cette proportion est en baisse par rapport à l'enquête précédente menée en 2017, où 53% des adultes pratiquaient une activité physique suffisante.

De plus, l'enquête a montré que les niveaux diminuaient avec l'âge. Les personnes ayant des revenus plus élevés et un niveau d'éducation plus élevé ont également tendance à pratiquer davantage d'activité physique que les personnes ayant des revenus et des niveaux d'éducation plus bas.

En outre, un classement sur la prévalence de l'inactivité physique a classé la France parmi les pays européens avec les niveaux d'activité physique les plus bas, et la 119ème place au niveau mondial (Lancet Child Adolesc Health, 2020).

Ces résultats soulignent l'importance de sensibiliser davantage la population française à l'importance de pratiquer une activité physique régulière pour préserver sa santé. Notamment dans le parcours de soin, qui permet d’identifier plus facilement les personnes les moins actives.


Les différents types d’activité physique adaptée

Pendant longtemps, on a assimilé l’activité physique adaptée au sport. Et cela peut rebuter certains patient(e)s, qui n’ont aucun attrait pour le sport. Alors qu’il est possible d’être actif sans faire de sport !


Les activités de la vie quotidienne

L'activité physique peut être mesurée en équivalents métaboliques aussi appelés MET (valeur du niveau d'activité physique). Cette valeur est calculée par rapport au repos.


De nombreuses activités autres que la pratique sportive ont des MET relativement élevés :

  • se déplacer en marchant (même quelques pas) ;
  • faire des tâches ménagères ;
  • prendre sa douche ;
  • jardiner, etc.

Il est possible de sensibiliser les patients à ces activités.

💡Pensez à consulter notre guide contre la sédentarité pour retrouver tous nos conseils pour inclure l'activité physique dans vos journées 


Les activités physiques et sportives


Pour les personnes les plus motivées, il est possible d’aborder le sujet de l’activité physique adaptée au-delà des simples activités du quotidien :

  • intégrer des exercices à visée de renforcement musculaire, d’étirement, d’entretien cardio-vasculaire ;
  • encourager la pratique d’un sport, seul ou en groupe, à distance ou en présentiel


Les différents moyens pour les patients de pratiquer une activité physique adaptée

Les patient(e)s sont souvent conscient(e)s qu’ils ne sont pas assez actifs au quotidien. La difficulté est souvent d’arriver à savoir comment bouger plus, ou se motiver plus facilement.

 

En établissement de santé

Lors d’un court ou long passage en établissement de santé, il est possible de :

  • prévoir un temps de consultation spécifiquement dédié au sujet des activités physiques adaptées ;
  • prescrire des séances d’activité physique adaptée avec des kinésithérapeutes ou enseignants en APA ;
  • aborder la question de la pratique d’activité physique adaptée dans la vie de tous les jours, en dehors du contexte d’hospitalisation.

Au domicile

Ces dernières décennies, de nombreux outils digitaux se sont développés pour faciliter ou encourager l’activité physique adaptée au domicile.

Il existe dorénavant des solutions de téléréadaptation pour que les professionnels de santé supervisent à distance les séances d’activité physique adaptée de leurs patients.

Cela permet notamment de :

  • fixer des objectifs ;
  • monitorer le niveau d’activité physique réalisé ;
  • encourager et soutenir

Quelles précautions pour une pratique en toute sécurité ?

Comme n’importe quelle approche « thérapeutique » médicamenteuse ou non médicamenteuse, l’activité physique expose à certains risques, particulièrement si elle est pratiquée de manière inadaptée :

  • chute et ses conséquences ;
  • fatigabilité accrue ;
  • blessure ou trouble musculo-squelettiques, etc.


C’est pour cela que des solutions de télérééducation se sont développées. Les personnes pratiquant peuvent ainsi être encadrées ou supervisées par des professionnels de la rééducation, ce qui limite potentiellement le risque d’événements indésirables.

 

Conclusion : encourager l’APA chez les patient(e)s

L’activité physique est un des paramètres influençant la bonne santé des individus. Les professionnels de santé sont en première ligne pour proposer aux patients des solutions adaptées et personnalisées pour encourager et faciliter la pratique d’activité physiques adaptées !

 

 

 

SOURCES
Santé Publique France, 2020. https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2020/confinement-un-impact-certain-sur-l-activite-physique-le-temps-passe-assis-et-le-temps-passe-devant-un-ecran et autres publications de la même année Guthold R, Stevens GA, Riley LM, Bull FC. Global trends in insufficient physical activity among adolescents: a pooled analysis of 298 population-based surveys with 1·6 million participants. Lancet Child Adolesc Health. 2020;4(1):23-35. doi:10.1016/S2352- 4642(19)30323-2